Après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame-de-Paris le 15 avril 2019, les propositions vont bon train au sujet de sa reconstruction. La restauration de la charpente suscite des avis partagés, notamment sur le choix des matériaux à utiliser.

La situation à ce jour

La charpente était constituée d’un grand nombre de poutres qui dataient d’environ 1220, chacune issue d’un chêne. Surnommée la forêt, elle faisait plus de 100 m de longueur sur plus de 13 m de largeur. Dans le transept, elle atteignait 40 m de largeur pour 10 m de hauteur. La complexité de la structure témoigne de l’habileté des charpentiers de l’époque, maîtrise reconnue et admirée au fil des siècles.

Des relevés numériques ont été réalisés de 2018 à début 2019, et l’on dispose des données 3D complètes de l’édifice. On peut donc envisager de restaurer intégralement les parties détruites, la question étant de définir la bonne méthode. Beaucoup de pierres ayant souffert lors de l’incendie, leur état fait partie des critères à prendre en compte. De plus, il faut respecter les règles administratives et le code du patrimoine, comme l’a finalement exigé le Sénat.

Rester fidèle au passé

Parmi les options, la première est de recréer la charpente telle qu’elle était. Les exploitants forestiers et la filière bois peuvent trouver sans problème les 1500 chênes qui la constitueraient. Les controverses portent sur la durabilité et la mise en œuvre de la matière, et sur l’éventuel séchage nécessaire. Reconstruire à l’identique risquerait de prolonger le chantier au-delà des cinq ans souhaités par l’État.

En réalité, les poutres avaient duré près d’un millénaire sans se détériorer et leur essence est imputrescible. La plupart étaient mises en place juste après la coupe et pourtant elles ne se déformaient pas. En conséquence, les deux ans préalables à leur pose, pour qu’elles sèchent, pourraient être économisés. Quant à leur résistance, elle ne fait aucun doute pour les professionnels.

Ou moderniser le chantier

Comme la charpente n’est pas visible, rien n’empêche d’avoir recours à d’autres procédés, plus simples ou plus économiques. Certains ont proposé l’acier, d’autres le béton. Dans ces domaines, les points de vue se discutent, et ces matériaux ne sont finalement pas plus fiables que le bois.
Il y aurait la possibilité d’innover avec des techniques plus récentes et performantes, comme employer du bois lamellé-collé ou lamellé-croisé.
La flèche aussi inspire de nombreux architectes. Ils font des propositions très variées, qui seront départagées par un concours.

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